Interrogations sur le métier de biographe superhéroïque

Chris Ware

Parmi toutes les choses brillantes qu’a écrites Richard Powers, il existe quelques très belles pages sur la théorie du travail du biographe. Notamment une question que prête l’écrivain à la motivation d’une telle démarche : « Comment les détails d’une vie particulière manifestent-ils l’esprit de l’époque dans laquelle elle s’inscrit ? » Le roman dont elle provient, Trois fermiers s’en vont au bal, est parsemé d’interrogations du même genre, sur l’individu, illustre ou anonyme, et son rapport à l’Histoire, plus précisément son rapport au vingtième siècle.
Or, le super-héros a traversé le vingtième siècle. Voir les plus anciens, Superman (1938), Batman (1939), Captain America (1941), tous témoins d’une accélération du progrès, du rêve américain et de son désenchantement. Captain America combattit HitlerSuperman soutint Reagan, Batman se fit dissident du régime stalinien…

Parmi ces histoires, il y a leurs histoires, les biographies à raconter, toutes tracées dans le sentier de leurs cases. Il revient au chercheur d’amasser la connaissance, de lire et de relire. L’inscription de ces vies particulières dans l’esprit de leur(s) époque(s) est là, déjà établie. Reste à trouver le bon regard, l’angle d’attaque adéquat, pour raconter tout cela. Biographe des super-héros, il faudra plus d’une vie pour abattre ce travail – peut-être même les neuf vies de Catwoman ?

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