Les fous d’Arkham (3) : le rire contagieux du Joker

Joker Alex Ross

Il serait difficile d’écrire sur la folie dans l’univers de Batman sans consacrer un article entier, voire plus, au facétieux Joker, qui pourrit la vie de Gotham City depuis 1940. Un peu comme le Dark Knight, le Joker a traversé l’histoire quasi-complète des comics de super-héros et, plus généralement, des media populaires type cinéma et jeu vidéo. Et comme la chauve-souris, le vilain clown a été vu et interprété un nombre grandiloquent de fois, arborant pour notre grand plaisir une variété infinie de sourires – avant de tomber en émoi devant lui, la psychiatre Harleen Q. l’a elle-même constaté, consacrant une thèse entière sur les multiples personnalités de sa future fol’amor (voir Batman n°663). Du coup, on aurait bien tort d’attribuer au personnage une seule pathologie, tant il incarna, au fil du temps, les différents visages de la folie. Tour à tour démentiel ou passionné, le Joker représente à lui tout seul l’ensemble des définitions qu’on prête d’ordinaire à cette notion, tant d’un point de vue clinique que philosophique : dérangement de l’esprit, extravagance, démence, gaieté… Comme la carte maîtresse qu’il incarne, le Joker est celui qu’on tire de notre jeu quand on n’a plus la main, celui qu’on sort quand on n’a plus rien à dire – comme la folie, le criminel domine de son rire le jeu des passions humaines. Et avec, le monde.

batman-joker-cover

Difficilement saisissable, donc, ce Joker – à tel point que la croisade de Batman contre sa terrible nemesis apparaît bien vite comme terriblement vaine, surlignée en lettres rouges par cette sempiternelle question : des deux, le Joker n’est-il pas, finalement, celui qui a raison ? Est-il un fou très intelligent ou, inversement, d’une folle intelligence ? Entre incohérence du discours et étrange maîtrise de soi, parcourons un peu le chemin de ceux qui, en art et en littérature, furent ses sources d’inspiration, de manière à nous demander si, avec le temps, le sombre criminel n’a pas finalement atteint son but ultime : faire mourir de rire le reste du monde.

Batman #1 (1940)

Batman #1 (1940)

La musique du Joker est peu ou prou toujours la même – un individu, politicien véreux, présentatrice télé ou simple anonyme, se met à rire de manière inexplicable. Etonnement de l’entourage. Perte du langage de la victime. Peu à peu, le rire devient incontrôlable et se vide de substance. Comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre. Comme si  le rieur subissait plus qu’il ne jubilait. Et généralement, d’avoir succombé au fou rire, le drôle finit par mourir. D’épuisement ou d’empoisonnement, le diagnostic n’est pas le même selon les époques. Et si jamais le sourire macabre du cadavre, fraîchement éternel, ne suffisait pas, le crime est souvent signé d’une carte de jeu. Le Joker a encore frappé.

De cette petite ritournelle, un premier constat : la mère de ce criminel aux origines troubles est bel et bien la déesse Athéna – dans L’Odyssée d’Homère, celle-ci, en effet, punissait les prétendants de Pénélope qui osaient vouloir prendre la place de son mari Ulysse pendant son périple en mer. Et pour ce faire, la terrible divinité provoquait chez eux, comme son futur fils de bande dessinée, un rire mortel : « Ils riaient mais ce n’était pas leur bouche qui riait. » (Chant XX, vers 345-349. Une autre traduction est possible : « Ils riaient avec des mâchoires contraintes »). Les mêmes symptômes que les victimes du Joker, donc.

Athena : mère du Joker ?

Athena : mère du Joker ?

 On dit d’Athéna qu’elle est la déesse grecque de la sagesse – curieuse chose, alors, d’avoir enfanté cet être instable, le plus fou des fous d’Arkham, qui se sert du rire et de gadgets clownesques comme armes. Ou alors, la frontière entre raison et folie est-elle plus floue qu’il n’y paraît ? Et si, comme l’écrit Philon, premier philosophe juif, en reprenant les paroles de Moïse, « la fin de la sagesse [était] le rire » ? (voir Serge Tribolet et Grégoire Mabille dans Anthologie du rire, p.36). Une phrase très équivoque, selon le sens qu’on prête au mot « fin » : celui-ci est-il à prendre au sens premier, c’est-à-dire comme un « terme », un « arrêt » ? Dans ce cas, le rire commencerait là où s’arrête la sagesse. Ou, à l’inverse, doit-on ici comprendre la fin comme une finalité, c’est-à-dire un objectif à atteindre ? Et de fait, la sagesse aurait-t-elle pour but de rire de tout ? Jerry Robinson, inventeur du Joker en 1940, avait-il alors conscience de reprendre ces réflexions de la philosophie judaïque, lui qui côtoya dans l’industrie du comic book bon nombre de Juifs, comme Bob Kane ou Joe Simon ? C’est en tout cas ce que cet entretien semble révéler.

Jerry Robinson : l'inventeur du Joker

Jerry Robinson : l’inventeur du Joker

De Philon le sage au Joker le fou, il n’y a qu’un pas. Un pas qu’on se plaît à franchir allègrement, tant le criminel affiche sur son visage une histoire toute particulière de la folie, non pas de nature clinique, mais bien philosophique. Car le rire est certainement l’un des dons les plus ambigus qu’on ait fait à l’humanité. Le rire est-il la maîtrise absolue de toutes choses ? Ou alors est-il un masque qui permet de cacher notre malaise ? Est-il la politesse du désespoir (Boris Vian) ? Ou bien symbolise-t-il nos bras ouverts, abandonnés à la folie ? Ce moment fatidique où, pris de secousse, on perd pied devant la brutale réalité ? Le rire vient-il de la sagesse ou de la folie ? Autre ambivalence du rire : le travail physique qu’il suppose et dont, bien souvent, on ne se rend pas compte. Car, entre tension des muscles et relâchement du corps, c’est presque inconsciemment qu’on ressort épuisé d’une crise d’hilarité. Rire est le seul sport qui ne demande pas d’effort. Et si, au final, les victimes du Joker, terrassées d’avoir trop rigolé, étaient les morts les plus heureux du monde ? Si le Joker leur avait fait le plus beau des cadeaux : succomber à un épuisement inconscient, irraisonné ?

Batman (1989)

Batman (1989)

Car, oui, le but du Joker n’est pas de rire, mais de faire rire. Les morts sont là pour en parler : son rire se doit d’être communicatif. Ça tombe bien : c’est là tout le propos d’Alan Moore lorsqu’il revient en 1988 sur les origines du personnage dans Killing Joke. Le Joker y est dépeint comme un ancien comique raté qui, après la mort de sa femme enceinte et un casse ayant mal tourné, plonge dans une folie ubuesque. Et décide d’abattre sa dernière carte pour rire, rire, rire – de folie ou de raison, au final, peu importe, tellement les choses en ce monde sont tristes. Mieux vaut rire de tout. Et tant pis si au détour d’une case, on voit le Joker plongé dans ses sombres souvenirs, comme si son rire avait aussi ses limites. Et si le Joker cesse de rire, c’est que, vraiment, ce n’est plus drôle.

Batman-TheKillingJoke08

Ancien comique (ou bien toujours comique ?), le Joker intègre grâce à Alan Moore la grande dynastie des humoristes. Une dynastie qui remonte au Moyen Age avec l’armée de bouffons qui y sévissait alors pour le plus grand plaisir des rois. Les joyeux drilles avaient pour tâche de se moquer gentiment des gens de la cour en leur révélant deux-trois faits ridicules de leurs mœurs de courtois. Les bouffons, ancêtres des caricaturistes, étaient là pour soulever le rire de la vérité et s’appuyaient, pour ce faire, sur la grande ambivalence de la folie : devait-on vraiment prendre au sérieux ces simples d’esprit ou devait-on juste rire de leurs grimaceries, puisque fous ils étaient et fous ils le resteraient? L’un des plus connus, Triboulet, était même baptisé par Rabelais de « morosophe », terme issu de l’ancien français qui sert à désigner… les « sages fous ». Ce Triboulet, d’ailleurs, finit assassiné par François Ier à force d’en avoir trop dit – sa dernière blague sur des courtisanes fut en effet de trop. Ironie du sort : le bouffon avait peut-être trop bien mené son jeu et, à force de vérité, avait fini par vexer. Ou quand le rire véritable convainc tant et si bien que la farce cesse…

Gravure de Triboulet

Gravure de Triboulet

Et comme si cela ne suffisait pas, il faut savoir que c’est la figure du bouffon qui inspira la carte du fou dans le jeu de tarot, carte qui elle-même donna naissance à celle du Joker.

mat fou du tarot

Sur cette ambivalence de la folie, il est d’ailleurs intéressant d’examiner plus attentivement les différentes représentations du bouffon au cours des âges. Si, dans certaines, les oreilles de son bonnet retombent à la manière d’un âne et semblent par là symboliser l’innocence du simple d’esprit, son sourire, dans d’autres, a tendance à progressivement se raidir, évoquant de plus en plus l’imagerie du diable. Comme si le rire devenait synonyme de possession démoniaque, symbole de folie et non plus de divertissement. Comme si, en fait, c’était dangereux de rire et d’en savoir trop. Illustrations bouffonesques et cartes de tarot nous montrent en fait comment l’image philosophique de la folie a progressivement dérivé…

Gravure de Henricus Hondius

Gravure de Henricus Hondius

bouffon2

Le bouffon, ancêtre du Joker, nous apprend deux choses sur le criminel. Tout d’abord, par cette filiation, il pose une sourde question : le Joker est-il vraiment fou ou bien, à la manière d’un comique, fait-il semblant ? Car, un peu comme les trublions du Moyen Age qui avaient fait de l’humour leur profession,  il y a chez lui quelque chose de très discipliné et de très maîtrisé. Une folie follement cohérente, en gros. Chez lui, le rire macabre est, comme pour les bouffons, un travail. Un art, même, quand on regarde attentivement son incarnation dans le Batman de Tim Burton (1989). Pour ce dernier, le Joker est avant tout un esthète, expert en chimie de surcroît, qui infiltre son rire dans les produits cosmétiques. Roi des clowns, le criminel s’entoure d’une foule d’artistes pour commettre ces méfaits – voir son gang de mimes lorsqu’il envahit les institutions politiques.

Le fanfaron va même jusqu’à se targuer d’avoir un avis sur l’histoire de l’art. C’est ainsi que lorsqu’il entre par effraction dans un musée, il n’hésite pas à détruire des Rembrandt ou des Degas, gardiens de l’art institutionnalisé, pour laisser sauf un Francis Bacon. Comme si, à l’image de ces artistes de la modernité, le Joker concevait ses crimes comme le jeu parfait et bordélique de sa liberté.

Le vilain est donc un véritable esthète qui a fait de la folie son principal outil. Et de sa descendance avec le bouffon, on peut en conclure un second fait : foncièrement satanique, le rire du Joker est dangereux car, parce qu’il est contagieux, il prouve que la blague fonctionne. Et que la vérité sur les tares de nos sociétés est bien révélée. Encore une fois, c’est surtout dans les films qu’on voit le mieux comment il procède – peut-être parce qu’ils rendent compte de manière plus spectaculaire les scènes de foule, c’est bien souvent qu’on y voit le Joker mener la danse à Gotham pour une bonne crise d’hilarité. Comme par exemple lorsque le Jack Nicholson grimé provoque, en distribuant des tonnes et des tonnes de billets, l’allégresse d’une foule avide, tout prête à rire avec le clown pour cette menue monnaie.

Alors, du coup, le Joker serait-il un caricaturiste visionnaire qui sait à merveille croquer les dérives de notre monde ? Sur ce plan, c’est Christophe Nolan qui va pousser le vice jusque dans ses plus parfaits retranchements. Anarchiste, voire même révolutionnaire, en colère contre le monde, le Joker, dans The Dark Knight, retrouve dans son sourire les cicatrices de son plus proche parent en date : L’Homme qui rit de Victor Hugo. Jerry Robinson le disait lui-même, il s’était inspiré de l’interprétation de l’acteur Conrad Veidt dans l’adaptation cinématographique pour façonner le visage de son personnage.

conrad veidt

Ce faisant, Christophe Nolan et, avec lui, Heath Ledger, renouent plus que jamais avec les très belles phrases du roman de Victor Hugo. Jamais le Joker n’a paru plus 19e siècle que dans ce film ultra-contemporain, miroitant ce héros à qui on « avait fendu la bouche, débridé les lèvres, dénudé les gencives, distendu les oreilles, décloisonné les cartilages, […] élargi le muscle zygomatique. » Et là, on retrouve la parfaite ambivalence d’un rire qui se vide de substance, mécanique ironique qui voit le sourire se transformer en rictus : « Il pouvait parvenir à suspendre l’éternel rictus de sa face et à y jeter une sorte de voile tragique, et alors on ne riait plus devant lui, on frissonnait. »

the-joker-heath-ledger

En digne héritier, le Joker de Nolan a un rire qui sonne creux, forcé – une musique rayée. Cynique, il n’en demeure pas moins un sacré visionnaire qui ne cesse de prouver la parfaite vérité de ses théories. Son rire est contagieux en ce qu’il contamine par son amère folie l’ensemble de Gotham City, à coup de chantages successifs. C’est d’ailleurs en plongeant les autres dans la folie, en les faisant rire, qu’il prouve qu’il avait raison de dénoncer ce qu’il dénonce, à savoir les limites du concept politique de Batman. Le Joker agit en véritable philosophe : à leur manière, il a sa théorie qu’il va, au fil des séquences, étayer d’arguments démonstratifs. Meurtres, chantages, foules démentielles… Tous ses arguments se vérifient soigneusement. Les unes après les autres, les choses se passent exactement comme il les avait prévues. Le personnage reflète en quelque sorte l’auteur lui-même, menant la danse de la quasi-totalité du film, orchestrant ses twists et ressorts dramatiques, allant même, au milieu de l’histoire, jusqu’à en dévoiler la fin. Le Joker est en fait un sacré conteur.

Le Joker, auteur visionnaire, penche plus que jamais du côté des révolutionnaires de Victor Hugo, dont « l’Homme qui rit », arrivé au bout du désespoir, est un des principaux représentants : « Je représente l’humanité telle que ses maîtres l’ont faite. L’homme est un mutilé. Ce qu’on m’a fait, on l’a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l’intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles ; comme à moi, on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement. » Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la manière dont la folie, dans la trilogie de Nolan, s’inspire avant tout de ce type de littérature, avec des références à Hugo, mais aussi à Dickens, voire même à la légende de Robin des Bois.

Au final, donc, le Joker est terriblement sage car il arrive à convaincre de la parfaite cohérence de sa folie. Vampire rigolard, il contamine, à défaut de mordre, par son rire. Tout ça pour sucer le sang d’une société corrompue. Alfred lui-même dans Dark Knight ne saura que trop conseiller à son maître de commettre, pour le vaincre, l’acte ultime : faire ce contre quoi luttait Bruce Wayne en combattant Ras Al Ghul dans Batman Begins. Brûler la forêt pour éradiquer le mal une bonne fois pour toute, exactement ce à quoi travaillait la Ligue des Ombres dans le 1er opus, en voulant détruire Gotham City de cette façon. Le Joker a donc eu raison de tous, y compris du rigide super-héros, dans l’un des films les plus amers du genre.

Le criminel est ainsi un fier capitaine qui embarque le monde dans sa galère. C’est pourquoi on peut  lui trouver un tout dernier parent : La nef des fous de Sébastien Brant, livre du XVe siècle qui dépeint toutes les formes de folie qu’on peut trouver et qui lui sert à dénoncer les tares de la société. La civilisation, à la dérive, se noie, selon ses dires, vers la folie, une folie que bon nombre d’artistes se sont amusés à dépeindre. Exemple avec Jérôme Bosch :

La Nef des fous par Bosch

La Nef des fous par Bosch

Des siècles avant sa naissance, le Joker avait donc déjà prouvé qu’il détenait la vérité. Avant même que son rire ne raisonne, son ombre planait sur tous ces philosophes qui ont mené l’impossible labeur de délimiter les territoires de la folie et de la sagesse. Et si le Joker est un sage parfait, c’est qu’il a su convaincre jusqu’au plus fort de nos héros – à l’image de la dernière planche de Killing Joke qui voit Batman et sa nemesis se taper une bonne crise de rire, tout ça sous une pluie tombante aux airs maritimes évoquant (coïncidence ?) les eaux troubles dans lesquelles flottait la Nef des fous en son temps.

the-killing-joke-final-joke

Le Joker et son rire contagieux… Il arrive même qu’à force de battre les cartes, celui-ci sorte de sa fiction pour venir contaminer notre monde réel. Car que penser de ce journal que tenait Heath Ledger pendant le tournage de Dark Knight, son dernier film avant sa mort, et qui, s’il ne prouve rien sur les circonstances de son décès, auréole tout de même sa performance d’une lumière particulière ?

Tragédie du Joker : quand celui-ci parvient à envahir notre réalité et à battre de son rire le rythme d’une marche funèbre. Quand certains, sous couvert d’un cosplay bien crade, en arrivent à tuer les spectateurs d’un cinéma d’Aurora. Ceux-là ont loupé une partie du message que le personnage (et non la personne) nous a délivré au fil des décennies. Un message pourtant si simple, si facilement résumable : le Joker n’est avant tout que la carte d’un jeu. Et donc une fiction, une image métaphorique, qu’on aurait bien tort de considérer autrement. A moins de nous-mêmes tomber dans le piège de la contagion.

5 réponses à “Les fous d’Arkham (3) : le rire contagieux du Joker

  1. Pingback: Les fous d’Arkham (1) : aux origines de la folie | Le super-héros et ses doubles·

  2. Pingback: Le Comédien de Watchmen entre en scène : le super-héros comme miroir déformant | Le super-héros et ses doubles·

  3. Pingback: Les fous d’Arkham (4) : des phénomènes de foire ? | Le super-héros et ses doubles·

  4. Pingback: Les fous d’Arkham (5) : Poison Ivy et Catwoman, ni folles ni soumises | Le super-héros et ses doubles·

  5. Pingback: Le Joker dans Death of the Family : réflexions sur les New 52 (DC) | Le super-héros et ses doubles·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s