Les fous d’Arkham (5) : Poison Ivy et Catwoman, ni folles ni soumises

Catwoman vs Poison IvyAmes sensibles, il est temps pour vous de passer votre chemin. En effet, après avoir arpenté en long, en large et en travers les couloirs de l’asile d’Arkham, après avoir titillé le sens de l’humour du Joker, après avoir libéré les fauves de leur cage, on va aujourd’hui se pencher sur le cas mystérieux des femmes. Et plus exactement sur celles que notre Batman préfère : les dingues (en particulier Catwoman et Poison Ivy, privilège du rédacteur de choyer lui-même ses préférées). Du coup, on dérogera quelque peu à la règle puisque la moitié de ces amoureuses n’ont jamais été internées à Arkham. S’il est fréquent d’y croiser de temps à autre les plantes d’une Pamela Isley (Poison Ivy) ou d’assister aux jongleries d’une Harley Quinn, jamais au grand jamais n’y verra-t-on l’ombre d’une griffe de Catwoman. Jamais, grands dieux non, Talia Al Ghul n’y fomentera ses plans. Un peu comme pour le reste du genre superhéroïque, la femme, à Arkham, n’a sa place qu’avec parcimonie (place qu’on avait déjà un peu évoquée ici).

Et peut-être que tout ceci n’est pas dû au seul fait du hasard. Peut-être qu’en fait, dans l’univers de Batman, les pathologies, lorsqu’elles sont traitées au féminin, ne peuvent être soignées. Ou alors ne sont pas considérées comme de vrais symptômes de déséquilibre. Car, à l’inverse des gestes imprévus du Joker ou des énigmes compulsives du Riddler, il y a, dans ces super-vilaines, une certaine cohérence de la folie. C’est que ces dames ont de bonnes raisons à leurs crimes. Selina Kyle (qui en 1940 n’avait pas grand-chose à voir avec son avatar) est avant tout une cambrioleuse qui occasionnellement (comme dans Dark Knight Rises, par exemple) se la joue Robin des Bois, volant aux riches ce que mériteraient les pauvres. Pareil pour Pamela Isley : apparue en 1966 dans Batman n°181, la jeune femme a développé une certaine conscience écologique que ne renieraient pas totalement les consciences d’aujourd’hui (2013). Si les moyens sont à discuter, la fin, pour son cas, ne les justifie-t-elle pas ?

Selina Kyle 1940 Poison Ivy 1966A y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’en fait, folie et femme forment dans l’histoire des mentalités un bien curieux ménage, bien plus complexe, d’ailleurs, qu’on aurait pu le croire. Car si certaines des dames de Batman ont su avec adresse éviter les cachots d’Arkham, ne serait-ce pas pour la simple et bonne raison qu’elles ne sont pas vraiment des aliénées ? Mais, dans ce cas, comment qualifier leurs actes ? Pourquoi n’ont-elles droit qu’à la seule prison pour criminels là où les félons mâles sont logés dans les draps propres de l’asile ? Où est-ce que ça coince, dans le système judiciaire de Gotham ?

Tant de questions qui nous amènent à en poser une autre, plus générale : les femmes de Gotham sont-elle vraiment folles ?

la-femme-et-la-folie

La folle Vénus, gravure du XVIe siècle

Pour y répondre, il faudrait en fait remonter le cours du temps des arts et de la folie. Parcourir ce grand arbre généalogique jusqu’à atterrir sur la branche du XVIe siècle, époque durant laquelle les artistes s’amusaient à représenter la folie sous une forme très allégorique : une Vénus dingue et exhibitionniste qui domine le monde masculin (ici, le bouffon) de ses armes les plus terribles – une tourterelle et un grelot. La psychose étant ce qu’elle est, c’est ici de ses atours les plus dangereux et les plus convaincants qu’elle se pare – sexualité et séduction. La femme d’alors n’est pas seulement folle, elle est la folie, c’est-à-dire à l’origine, en plus du monde, des névroses et pathologies de l’humanité. Un peu, finalement, comme Poison Ivy qui, tantôt par son baiser, tantôt par ses phéromones, fait tourner la tête des hommes et des femmes. Et les rend fous.

Page de titre de Batman#181 (1966)

Page de titre de Batman#181 (1966)

Et du coup, derrière cette symbolique se profile une question ancestrale : qui a eu l’idée de représenter la folie par une femme, nue qui plus est ? Et derrière cette question ancestrale, on peut discerner une loi tout aussi ancestrale : les critères de la folie et de sa représentation ne seraient-ils pas posés essentiellement par des hommes ? Car, dans l’histoire des arts et de la folie, c’est bien souvent qu’on voit l’homme représenter et la femme être l’objet de la représentation. Et pour cause : habituée qu’elle est au fait que les hommes tranchent pour elle, il est quand même plus rare qu’elle-même décide de son sort. Sort qui d’ailleurs varie selon les époques.

Voyons par exemple Catwoman et Poison Ivy. Dans la vraie vie, toutes deux furent inventées par des artistes masculins, Bob Kane et Bill Finger pour la première, Robert Kanigher et Sheldon Moldoff pour la seconde. Idem pour leur parcours fictif : l’une est tantôt une prostituée vengeresse, tantôt une secrétaire tyrannisée, tandis que l’autre fut modifiée génétiquement par le scientifique Jason Woodrue. Idem pour Harley Quinn et Talia Al Ghul dont les névroses sont exclusivement définies en fonction d’un modèle masculin : le Joker pour la première, Ras Al Ghul, le père, pour la seconde. Alors du coup, la folie chez les femmes ne serait-elle pas en fait l’occasion de nous rejouer la fameuse complainte de la diabolique guerre des sexes ?

Et en fait de folie, il serait peut-être plus judicieux de parler ici de criminalité fantasque. En effet, l’examen des deux méchantes de Batman apparaît comme un bon exemple de délimitation des frontières qui séparent le fou du simple criminel. Si elles usent chacune de stratagèmes différents, il n’en demeure pas moins que les deux comparses s’inspirent d’un même stéréotype : la sorcière. Le chat noir de Catwoman est en effet identique à celui qui accompagne généralement la femme démoniaque dans l’iconographie qui, au cours de l’Histoire, lui est consacrée. Voir, entre autres, Paul Ranson :

Paul Ranson, "La Sorcière au chat noir", 1893

Paul Ranson, « La Sorcière au chat noir », 1893

Comme son modèle, Catwoman est une marginale indépendante, prostituée, cambrioleuse, voire même zombie dans Batman Returns, qui dérange les mœurs masculines. Quant à Poison Ivy, eh bien, avec ses décoctions et ses plantes, n’est-elle pas que sorcière, s’appropriant, à l’aide de ses sorts, les esprits des uns et des autres ? Tim Sale, en la représentant en marchande de fleurs, la croque très bien dans cette posture : Pamela Isley, avec sa chevelure de lierre et sa tunique verdâtre, y est déplacée hors du temps, en complet décalage avec la tenue fin XXe des autres personnages – une sorcière tout droit sortie de son époque médiévale, en fait.

Poison Ivy SorcièreOr, la sorcière est une figure dont les actes sous-entendent la folie sans jamais vraiment la nommer. Comme l’explique Armelle Le Bras-Chopard dans Les putains du Diable, ces femmes, « à cause de leur puissance fantasmée », furent poursuivies et brûlées par les hommes, ce qui eut pour conséquence la consolidation d’un Etat « pensé et gouverné au masculin » (p.23). Loin d’êtres anecdotiques, les procès qui leur furent intentés au Moyen Age ont forgé une hégémonie phallocrate qui perdure encore aujourd’hui (les exemples sont trop nombreux pour être cités, il vous suffit de regarder à peu près n’importe où). En effet, ce que dénonce l’auteur avec cet ouvrage, c’est la manière dont la prétendue sorcière fut utilisée pour réprimer cette « puissance montante » des femmes, une puissance totalement imaginaire puisque « née de l’imaginaire masculin » (p.14). Et, pour justifier cette diabolisation féminine, il existe toute une littérature médiévale qui asserte du vice de ces femmes – voir, entre autres, Jean Bodin, De la démonomanie des sorciers, ou Henri Boguet, Discours exécrable des sorciers. Les sorcières y sont dépeintes comme des prostituées transgressant les règles maritales pour s’adonner aux joies du coït avec Satan lui-même, en échange de quelques pouvoirs démoniaques. S’assortit à cette image une idéologie de la subversion religieuse : les femmes sont des putains, elles sont infidèles, enlèvent des enfants et, en fréquentant le diable, tournent le dos à la sagesse divine (c’est un très court résumé mais le bouquin est rempli d’exemples).  Par-dessus tout, le livre démontre comment les sorcières, selon les dires des hommes, cultivaient l’art des apparences et de la séduction pour mieux posséder leurs victimes.

Gravure originale, le diable dans le miroir. Dans Der Ritter vom Turn, Bâle, 1493 publié dans Jurgis Baltrusaitis

Gravure originale, le diable dans le miroir. Dans Der Ritter vom Turn, Bâle, 1493 publié dans Jurgis Baltrusaitis

Là où le livre rejoint la question de la folie, c’est que, à l’inverse des malades mentaux, il n’était pas question de pardonner aux sorcières. Si, au Moyen Age, les premiers étaient semblablement possédés par Satan, ces dernières, elles, avaient conclu un pacte. Et avaient donc fait un choix : « à l’inverse de la sorcière consciente et consentante, la personne possédée est victime de l’intrusion physique du Diable dans son corps […] » (p.74). Du coup, préparer la domination masculine s’accompagnait d’une lourde sanction : pas question pour les hommes de suggérer un quelconque trouble psychique à la femme qui permettrait de la victimiser et de justifier l’incongruité de sa nature ; celle-ci était belle et bien maîtresse de son destin. Hum… Le raccourci est peut-être un peu rapide, mais, comme on l’a déjà évoqué, a-t-on déjà vu Catwoman entre les murs de l’asile d’Arkham ? A-t-on déjà émis l’idée de soigner Catwoman ? Et pour cause, n’y a-t-il pas plus grand modèle de femme forte que cette criminelle en puissance ? Et si, pour mieux la diaboliser, valait-il mieux qu’elle ne soit pas folle ? Etant le fruit de l’imaginaire masculin, ne faudrait-il pas qu’elle reste une castratrice d’autant plus dangereuse qu’elle n’est pas cinglée ?

Catwoman gunEt c’est là tout le paradoxe de Catwoman et Poison Ivy : toute femme forte qu’elles soient, ne sont-elles pas en fait une métaphore de la peur que les hommes éprouvent vis-à-vis du sexe opposé ? La peur de perdre eux-mêmes la raison, d’être séduits par ce qu’on appelle encore « le sexe faible », voire même d’être… démembrés ? Rappelons qu’au Moyen Age, si le divorce n’était pas autorisé, la femme avait le droit d’annuler son mariage à cause de l’impuissance de son mari. Celui-ci devait alors prouver l’efficacité de ses facultés en s’exécutant devant témoins…

La peur castratrice viendrait-elle de là ?

Grant Morrison revient lui-même sur le sujet dans The Return of Bruce Wayne lorsqu’il met en scène une prétendue sorcière à l’époque colonialiste, sorcière qui, dans sa manière de s’associer à son animal fétiche, pourrait très bien être une ancêtre de Catwoman. Le scénariste ne situe plus l’intrigue au Moyen Age, mais en pleine époque colonialiste, dans une Salem baignée du parfum puritain de la Nouvelle-Angleterre qui elle-même servait de siège à l’Arkham fantasmée de Lovecraft. Tiens tiens…

Batman sorcièreMais avant la sorcière, avant même l’Eve fautive de chrétienté, la sirène mythologique était déjà là pour détourner les marins du droit chemin avec ses chants. Un peu comme Poison Ivy qui, elle, séduit par son regard et ses philtres. Il en est même (le grammairien Servius, par exemple) qui racontait que, comme les sorcières, ces créatures aquatiques étaient en fait des prostituées qui, travaillant dans les ports, se contentaient de réduire les hommes à l’état d’épave. Et n’avaient en cela rien de magique, si ce n’est dans leur capacité à démontrer la légèreté et la faiblesse du marin pécheur. On dira ce qu’on voudra, mais n’y eut-il pas une série qui, voilà quelques années, réunissait Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn, les trois grandes méchantes de Batman, sous le nom de… Gotham Sirens ?

Gotham_City_Sirens_Vol_1_1Et, en parlant de séduction et de possession, il est intéressant de constater comment, dans les images de super-héros, la super-vilaine, au même titre que la sirène, a tendance à envahir l’attirail et le corps du justicier, le recouvrant de ses bras et de ses artifices, pour finir par le posséder jusqu’à la mort. Voir par exemple cette couverture qui évoque quelque peu les mains frauduleuses des sirènes à la rencontre d’Ulysse :

Batman 609

Les Sirènes par Léon Belly

Les Sirènes par Léon Belly

Mentionnons aussi la représentation de Poison Ivy par Tim Sale, l’une des plus intéressantes à mon sens, qui, en faisant des ornements de la criminelle des excroissances quasiment organiques, quasiment vivantes, renoue avec la prolifération stylistique de Lovecraft, maître d’œuvre de l’Arkham originel – et sert à merveille la présence insidieuse, presque aquatique, du personnage.

Poison Ivy Bruce WayneAu fil du temps, cette diabolisation de la femme a fait son chemin. Elle se retrouve ainsi au XIXe siècle avec Les fleurs du mal de Baudelaire, titre pour le coup très évocateur. Le poète ne cesse d’y chanter l’amour à ces déesses vénales et inatteignables.

baudelaireCertains des textes semblent même avoir directement inspiré les créateurs de Catwoman et de Poison Ivy. Exemple avec « Le chat » :

« Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard »

Ou « Le Poison » :

« Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort ! »

Et si cela ne vous convainc pas, il suffit de jeter ci-dessous un œil au nom que porte l’antre de Poison Ivy dans Arkham City.

Poison Ivy Arkham CityComme on l’a vu ici, le XIXe siècle correspond également à la naissance de la psychiatrie et des établissements spécialisés. Et si, auparavant, la femme déviante était condamnée au bûcher, elle trouva ici un autre sort. Dans La maison du docteur Blanche, Laure Murat examine différents cas représentatifs et soulève l’hypothèse selon laquelle les femmes seraient « dans l’esprit de la bourgeoisie au pouvoir, condamnées par nature à la folie » (p.237). Enumérant un nombre impressionnant de femmes internées pour la simple et bonne raison qu’elles tentaient de s’émanciper du modèle masculin incarné par le père ou le mari, l’essayiste dédie ainsi un long chapitre à ce « sinistre cortège des femmes indépendantes » (p.242). Et on jurerait discerner chez certaines, prises en photo à l’heure où l’appareil était encore tout juste naissant, un regard, un masque qui prépareraient la venue de nos criminelles. Exemple la comtesse de Castiglione que l’on considérait comme « la beauté du siècle ».

La comtesse de Castiglione

La comtesse de Castiglione

Catwoman Dark VictoryAu même titre que les hommes-animaux, les femmes, parce qu’elles sont femmes, sont, au regard de la bourgeoisie, évidemment folles. Et l’Histoire nous l’a prouvé : leur folie et leur déviance se mesurent essentiellement en fonction des critères des hommes. En cela, la sorcellerie du Moyen Age fait penser à l’hystérie typiquement féminine du XIXe siècle en ce qu’elle traduit finalement une même volonté d’émancipation de la part des femmes. Si ce n’est que, paradoxalement, le cas de la sorcellerie est peut-être plus honnête, car là, au moins, on accorde encore à la femme son libre-arbitre et donc sa faculté de penser. Quitte, pour cela, à la brûler.

Cette oppression de la femme se retrouve avec force dans les aventures de Batman. Et il est intéressant de constater que Catwoman et Poison Ivy trouvent chacune une alternative différente. Il suffit de voir comment Selina Kyle refuse, dans Batman Returns, le modèle marital que lui offre Bruce Wayne, dans une scène très touchante où elle déclare ne pas pouvoir se supporter dans ce conte de fée imaginaire.

Une princesse qui refuse son prince charmant… La dernière image du film semble même signer l’aveu du réalisateur de ne pouvoir imaginer ce que la femme peut être en dehors de ce système. Car une fois enfuie, c’est comme si Selina Kyle n’existait plus – absence de mèches, de nez, absence de toute trace humaine. Comme si, en ayant refusé la normalité, il ne restait chez elle que la partie animale de son costume et de son être.

Catwoman Batman ReturnsPoison Ivy, à l’inverse, ne semble pas indifférente au modèle traditionnel de la famille. Seulement, elle va à chaque fois se débrouiller pour le construire de ses seules mains, indépendamment des hommes, un peu comme ce qu’on avait vu pour la Sorcière Rouge des Avengers. C’est ainsi que dans No Man’s Land, elle fondera une sorte d’orphelinat végétal, recueillant dans un parc les enfants en perdition suite au tremblement de terre.

Poison Ivy no man's landDans la série animée des années 90, elle se créera carrément un mari et une progéniture à l’aide de plantes (épisode « House of Garden »). Comme déjà évoqué ici pour Killer Croc, cette très intelligente série avait un certain talent pour prendre le parti des méchants et tenter de leur reconstituer un équilibre. Peut-être même que ses créateurs furent les seuls à essayer de guérir les malades d’Arkham. Et, chose curieuse, inverser l’angle de vue gentil/méchant permettait de transformer le héros Batman en monstre de rationalité implacable, incapable de laisser ses ennemis en paix, incapable, même, de laisser intact leur jardin secret : ou quand le miroir se retourne et fait mieux voir les aspérités des justiciers de notre enfance.

Dans « House of Garden », la féminité ne cesse d’être interrogée – voir, par exemple, comment Poison Ivy se dilue à la fin dans une flaque de boue, l’image de la femme traditionnelle vieillissant et s’évaporant progressivement, à mesure que l’empoisonneuse retrouve sa vie de criminelle indépendante. Comme si tout cela n’était qu’illusion.

La folie est-elle une femme ou la femme subit-elle la folie ? Est-elle la sorcière ou l’ensorcelée ? Et qui décide, d’ailleurs ? En passant de borderline en borderline, c’est à se demander si le Dark Knight n’est pas en fait une allégorie particulière de la masculinité. Une allégorie de ces hommes qui ne peuvent se passer des Catwoman et Poison Ivy de notre monde, mais qui tiennent tout de même à les conserver dans leur état diabolique, mi-folles, mi-criminelles. Vraies femmes ou peur des hommes, comment définir la féminité et sa folie ? Et de toute façon, y a-t-il vraiment une folie spécifique à la femme ? Ou n’est-ce à l’inverse qu’une rêverie masculine ? Une forme comme une autre d’oppression ? Finalement, les vicieuses Catwoman, Talia et consort sont peut-être juste des métaphores, non pas de la psychose, mais de la peur des hommes qu’un jour la femme se venge… Et, à voir leurs courbes généreuses, n’y a-t-il vraiment, en ces images, que de la peur ? Ou bien aussi le fantasme, le vœu inavoué qu’un jour cette vengeance féminine se réalise ?

Un fantasme secret de folie ?

3 réponses à “Les fous d’Arkham (5) : Poison Ivy et Catwoman, ni folles ni soumises

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