Présentation : « How the Log Lady met superheroes »

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Comme tous les autres de la série, le dernier épisode de Twin Peaks, dans sa version DVD, s’ouvre sur une tirade de sa Log Lady locale. Celle qui fascine et qui révulse. Qui fait rire quand elle ne prête pas à la rêverie.

La réplique, donc :

Qu’est-ce qu’un reflet ?

L’occasion de voir deux ?

Quand il y a reflet,

Il y a toujours deux… ou plus.

C’est seulement quand nous serons partout,

Qu’il n’y aura qu’un.

C’est comme ça que tout a commencé.

Par le reflet. Par les surfaces miroitantes où se devinent d’autres silhouettes et d’autres doubles. Avec ces quelques phrases, la Log Lady s’inscrit dans une galerie de personnages qui prennent acte de la figure spéculaire comme motif identitaire. Les scènes, innombrables, où le je se disloque en une variété de jumeaux et de doubles, quel que soit l’art dans lequel il s’intègre, mineur ou majeur. Tout remonte à Narcisse, of course, puis il y a l’Alice de Carroll. L’autofiction. Le trans du Silence des Agneaux.

Et puis, parmi eux, avec toute la lourdeur qu’on lui connaît, il y a le super-héros. Dès le départ, le super-héros, c’est la figure du double par excellence. Parce qu’il se masque. Parce qu’il s’invente une autre identité. Parce qu’il incarne un autre rôle, sans qu’on sache jamais vraiment laquelle de ses identités, civile ou superhéroïque, prend le pas sur l’autre.

Ce qui est le plus marrant dans le super-héros, c’est son double. Ou plutôt ses doubles. Non, non, pas son visage à découvert. Pas sa version la plus connue. Mais plutôt les avatars, plus discrets, qu’il dissémine d’un comic à un autre, tous calqués à partir de Superman, modèle original qui donna naissance à tout un genre. Si bien qu’aujourd’hui, tout un pan de la BD de super-héros repose sur le seul processus du reflet, du spéculaire, pour interroger son propre mode de fonctionnement. Parce qu’il faut bien le dire : la case du comic book est devenue le lieu où la fiction miroite la réalité, dans lequel le super-héros s’adonne à cette activité toute narcissique d’auto-contemplation.

Et pourquoi ? Par quels moyens ? Par quels auteurs ? Pour quels lecteurs ? A travers quels personnages ?

Jamais vraiment on aurait cru faire interagir une Log Lady lynchéenne avec des justiciers en collant. Pourtant quand on y réfléchit, sa question sur le reflet, aussi introspective soit-elle, peut s’articuler à n’importe quel domaine de réflexion. Et d’ailleurs, elle ne trouve sa réponse que par l’espace, la géographie – « partout ». Aussi, profitant de toute la zone laissée libre dans l’univers numérique, ce blog se propose de s’intéresser non pas aux super-héros originels, mais à leurs reflets, à leurs doubles, à leurs réécritures, à leurs ré-adpatations. Juste comme ça. Pour voir ce qu’ils ont à dire sur le monde et sur eux-mêmes. Et pour constater que c’est bien derrière le miroir du stéréotype que se racontent les meilleures histoires.

3 réponses à “Présentation : « How the Log Lady met superheroes »

  1. Pingback: Le Joker dans Death of the Family : réflexions sur les New 52 (DC) | Le super-héros et ses doubles·

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